Assemblée nationale
Déposé sur le texte « Améliorer la protection des commerçants grâce à l’usage d’outils numériques »
Comprendre · Ce que ça change au texte
Statistiques établies depuis le 18 juillet 2024, ouverture de la 17e législature élue après la dissolution du 9 juin 2024. Les rapports de force antérieurs à la dissolution ne sont pas couverts.
Avant
Le chapitre II du titre V du livre II du code de sécurité xxx intérieure est complété par un article L 252‑8 ainsi rédigé : « Les personnes autorisées exploiter un système vidéoprotection sein d’un magasin vente ou d un centre commercial exposé , utiliser des technologies d’analyse automatique des images captées par le système vidéoprotection au sein de ces établissements, aux fins d’y assurer la sécurité des personnes des biens, à condition cet usage soit légitime et proportionné « Lorsque les personnes autorisées font usage des technologies décrites au premier alinéa, elles sont tenues au strict respect de la loi n° 78‑17 6 janvier 1978 relative l’informatique, aux fichiers et aux libertés. Les technologies d analyse automatique images captées par le système de vidéoprotection ne peuvent pas être utilisées pour le traitement de catégories spéciales de données à caractère personnel au sens précitée, ni aux fins d identifier une personne de manière unique « Conformément 56 autorités compétentes voie réglementaire limiter portée droits accès rectification ainsi que droits effacement à la limitation, personnes concernées, à condition qu’une telle limitation respecte l’essence des droits fondamentaux et qu’elle constitue une mesure nécessaire et proportionnée dans une société démocratique »
Après
I – (Supprimé) II (nouveau). – À titre expérimental et jusqu’au 31 décembre 2031, la seule fin prévenir le vol, les images collectées moyen de systèmes vidéoprotection autorisés sur le fondement de l article L. 251‑2 du code de la sécurité intérieure dans les lieux et les établissements ouverts au public exposés faire l’objet de traitements algorithmiques. Ces traitements ont pour unique objet détecter, en temps réel, des événements prédéterminés susceptibles de présenter ou de révéler le risque de vol de les signaler afin soient mises en œuvre des mesures appropriées III (nouveau). – Les traitements mentionnés au II du présent article sont régis par le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil 27 avril 2016 relatif la protection des personnes physiques à l égard du traitement données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) et relative à l informatique, aux fichiers et aux libertés IV (nouveau). – Le public est préalablement informé, par tout moyen approprié, de l’emploi de traitements algorithmiques sur les images collectées au moyen de systèmes de vidéoprotection autorisés sur le fondement de l’article L. 252‑1 du code de la sécurité intérieure. V (nouveau). – Les traitements mentionnés au II du présent article n’utilisent aucun système d’identification biométrique, ne traitent aucune donnée biométrique et ne mettent en œuvre aucune technique de reconnaissance faciale. Ils ne peuvent procéder aucun rapprochement, à aucune interconnexion ni à aucune mise en relation automatisée avec d’autres traitements de données à caractère personnel. Ils procèdent exclusivement à un signalement d’attention, strictement limité à indication du ou des événements prédéterminés qu’ils ont été programmés à détecter. Ils ne produisent aucun autre résultat et ne peuvent fonder, par eux-mêmes, aucune décision individuelle ni aucun acte de poursuite. Ils demeurent en permanence sous le contrôle des personnes chargées de leur mise en œuvre. VI (nouveau). – Par dérogation à l’ 31 modalités de recours à un traitement mentionné au II du présent article sont définies par un décret pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Ce décret détermine les caractéristiques essentielles du traitement. Il indique notamment les événements prédéterminés que le traitement a pour objet de signaler, le cas échéant les spécificités des situations justifiant son emploi, les lieux et les établissements mentionnés au même II susceptibles de le mettre en œuvre et les conditions d’habilitation et de formation des agents pouvant accéder aux signalements du traitement, laquelle porte notamment sur les enjeux liés aux libertés et à l’éthique en lien avec le recours au traitement algorithmique des images. Il désigne l’autorité chargée d’établir l’attestation de conformité mentionnée au dernier alinéa du VII. VII (nouveau). – Le traitement algorithmique doit satisfaire aux exigences suivantes, qui doivent pouvoir être vérifiées pendant toute la durée du fonctionnement du traitement : 1° Lorsque le traitement algorithmique employé repose sur un apprentissage, des garanties sont apportées afin que les données d’apprentissage, de validation et de test choisies soient pertinentes, adéquates et représentatives. Leur traitement doit être loyal et éthique, reposer sur des critères objectifs et permettre d’identifier et de prévenir l’occurrence de biais et d’erreurs. Ces données font l’objet de mesures de sécurisation appropriées ; 2° Le traitement comporte un enregistrement automatique des signalements des événements prédéterminés détectés permettant d’assurer la traçabilité de son fonctionnement ; 3° Le traitement permet des mesures de contrôle humain et un système de gestion des risques permettant de prévenir et de corriger la survenue de biais éventuels ou de mauvaises utilisations ; 4° Les modalités selon lesquelles, à tout instant, le traitement peut être interrompu sont précisées ; 5° Le traitement fait l’objet d’une phase de test conduite dans des conditions analogues à celles de son emploi autorisé par le décret mentionné au VI, attestée par un rapport de validation. Lorsque le traitement est développé ou fourni par un tiers, celui-ci fournit une documentation technique complète et présente des garanties de compétence, de continuité, d’assistance et de contrôle humain en vue notamment de procéder à la correction d’erreurs ou de biais éventuels lors de sa mise en œuvre et de prévenir leur réitération. Le respect des exigences énoncées au présent VII fait l’objet d’une attestation de conformité établie par l’autorité administrative compétente. Cette attestation est publiée avant que le traitement soit mis à la disposition des services mentionnés au II qui demandent l’autorisation de l’utiliser dans les conditions prévues au VIII. VIII (nouveau). – Toute demande d’emploi du traitement doit être accompagnée d’une analyse d’impact relative à la protection des données personnelles, qui expose : 1° Le bénéfice escompté de l’emploi du traitement au service de la finalité mentionnée au II, au regard des événements prédéterminés donnant lieu à un signalement par le système ; 2° L’ensemble des risques éventuellement créés par le système et les mesures envisagées afin de les minimiser et de les rendre acceptables au cours de son fonctionnement. Cette analyse réalisée lors de l’autorisation du traitement par décret est adressée à la Commission nationale de l’informatique et des libertés. L’emploi du traitement est autorisé par le représentant de l’État dans le département ou, à Paris, par le préfet de police. Cette autorisation peut être accordée uniquement lorsque le recours au traitement est proportionné à la finalité poursuivie. La décision d’autorisation est motivée et publiée. Elle précise : a) Le responsable du traitement et les services associés à sa mise en œuvre ; b) Le périmètre géographique concerné par la mise en œuvre du traitement dans les limites mentionnées au même II ; c) Les modalités d’information du public, notamment sur ses droits ; d) La durée de l’autorisation. Cette durée ne peut excéder cinq ans. IX (nouveau). – Le responsable du traitement mentionné au a° du VIII tient un registre des suites apportées aux signalements effectués par le traitement ainsi que des personnes ayant accès aux signalements. X (nouveau). – Les images collectées au moyen de systèmes de vidéoprotection autorisés sur le fondement de l’article L. 252‑1 du code de la sécurité intérieure ne pas être utilisées comme données d’apprentissage. XI (nouveau). – La Commission nationale de l’informatique et des libertés contrôle l’application du présent article. À cette fin elle peut faire usage des prérogatives prévues aux sections 2 et 3 du chapitre II du titre Ier de la loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978 précitée. XII (nouveau). – La Commission nationale de l’informatique et des libertés est informée tous les ans des conditions de mise en œuvre de l’expérimentation mentionnée au II du présent article. Le Gouvernement remet au Parlement, au plus tard le 31 décembre 2029, un rapport d’évaluation de la mise en œuvre de l’expérimentation, établi un comité d’évaluation présidé par une personnalité indépendante dans des conditions précisées par un décret en Conseil d’État pris après avis de Commission nationale de l’informatique et libertés. Ce décret définit notamment les modalités de pilotage et évaluation pluridisciplinaire et objective de l’expérimentation et les indicateurs utilisés par celle-ci. L’évaluation associe dans le respect du principe parité entre les femmes et les hommes deux députés et deux sénateurs, dont au moins un député et un sénateur appartenant à un groupe , désignés respectivement par le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Le décret définit les conditions dans lesquelles l’évaluation associe également personnalités qualifiées indépendantes nommées notamment par le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés et par le ministre de l’intérieur sur proposition du président du comité. Le rapport d’évaluation est également transmis la Commission nationale de informatique rendu public sur internet au même moment
Article modifié dans la version suivante, sans attribution textuelle certaine · Article unique.
Le présent amendement vise à encadrer, à titre expérimental et jusqu’au 31 décembre 2031, l’utilisation de traitements algorithmiques sur les images issues des systèmes de vidéoprotection dans les lieux et établissements ouverts au public particulièrement exposés aux risques de vol. Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention et de réactivité face à la recrudescence des actes de malveillance, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux et des cadres juridiques existants. La recrudescence des vols dans les lieux ouverts au public impose une réponse innovante et proportionnée. Avec plus de 2 milliards d’euros de préjudice annuel pour les commerçants et une hausse de 12 % des vols en magasin depuis 2022(source : ministère de l’Intérieur, 2025), les systèmes de vidéoprotection actuels, souvent limités à un usage a posteriori, ne suffisent plus à endiguer ce phénomène. Cet amendement propose d’autoriser, à titre expérimental jusqu’en 2031, l’utilisation de traitements algorithmiques en temps réel pour détecter des événements prédéfinis liés au risque de vol, dans les établissements les plus exposés. Cette mesure s’inscrit dans un cadre juridique strict : elle respecte le RGPD et la loi Informatique et Libertés, en excluant toute reconnaissance faciale ou collecte de données biométriques. Les traitements se limitent à des critères objectifs (mouvements suspects, présence prolongée dans des zones sensibles) et visent uniquement à alerter les forces de l’ordre ou les agents de sécurité pour une intervention ciblée. L’expérimentation permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif, tout en garantissant un contrôle renforcé par la CNIL et une transparence totale envers le public. Des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas ont déjà adopté des outils similaires, avec une réduction avérée de jusqu’à 30 % des vols dans les zones équipées (étude FRA, 2024). En France, cette approche offrirait un levier supplémentaire pour protéger les commerces et les usagers, sans sacrifier les libertés individuelles. Le caractère temporaire de la mesure permettra d’ajuster le dispositif en fonction des résultats concrets, tout en sécurisant juridiquement son déploiement. L’enjeu est double : renforcer la dissuasion grâce à une détection précoce des risques, et optimiser l’action des forces de l’ordre en concentrant leurs moyens sur les situations critiques. Cet amendement incarne ainsi une réponse pragmatique et équilibrée, alliant innovation technologique et respect des principes républicains.