Sénat
Déposé sur le texte « Actualisation de la programmation militaire pour 2024 à 2030 »
Comprendre · Ce que ça change au texte
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Cet amendement vise à renforcer la prise en compte des ingérences informationnelles conduites ou relayées par des puissances étrangères hostiles. L’actualisation de la programmation militaire intervient dans un contexte où les menaces hybrides ne se limitent plus aux cyberattaques ou aux opérations clandestines. Elles empruntent aussi les voies de la propagande, de la manipulation de l’information et de la réintégration progressive, dans le débat public national, d’anciens relais de médias d’État étrangers ayant participé à des stratégies de désinformation. La suspension, au niveau européen, de la diffusion de RT et de Sputnik après l’agression russe contre l’Ukraine a rappelé que certains organes médiatiques ne relèvent pas seulement du débat d’opinion, mais peuvent s’inscrire dans une stratégie organisée d’influence, de déstabilisation et de justification de l’action d’une puissance étrangère. Les débats récents autour de la réapparition, dans l’espace médiatique français, d’anciennes figures de RT France montrent que cette vigilance demeure nécessaire. Le présent amendement n’entend évidemment pas remettre en cause la liberté d’expression, le pluralisme des opinions ou l’indépendance des médias. Il vise au contraire à mieux distinguer le débat démocratique, qui doit rester libre, des opérations d’influence conduites au bénéfice d’intérêts étrangers hostiles. Il inscrit ainsi l’effort de réarmement dans une conception plus complète de la défense nationale, qui inclut la protection de l’espace informationnel, la résilience démocratique et la capacité de l’État à identifier, attribuer et contrer les stratégies hybrides.