Sénat
Déposé sur le texte « Projet de loi de finances pour 2026 »
Comprendre · Ce que ça change au texte
Chargement du résumé…
L’article 81 du projet de loi de finances pour 2026 prévoit de supprimer l’éligibilité du bilan de compétences au compte personnel de formation (CPF) et d’instaurer un mécanisme de plafonnement pour plusieurs autres actions de formation. Si l’objectif de maîtrise des dépenses, comme celui de la lutte contre les abus, voire les fraudes doivent être entendus, ils ne sauraient être satisfaits par l’exclusion de l’éligibilité au CPF d’outils essentiels d’orientation et de sécurisation des parcours professionnels. Dans un contexte de transformation profonde du marché du travail : accélération des reconversions, montée en puissance de l’intelligence artificielle, allongement des carrières, diversification des statuts d’activité, le bilan de compétences demeure un dispositif essentiel pour l’accompagnement et l’orientation professionnelle. Il permet à chacun d’identifier ses compétences, de clarifier un projet professionnel et de s’adapter à l’évolution rapide des métiers. Le retirer du CPF reviendrait, de fait, à priver de nombreux actifs, notamment les moins qualifiés, d’un outil d’émancipation et de mobilité. Par ailleurs, la suppression de son financement n’offre aucune garantie d’économie réelle : les droits non mobilisés pour le bilan de compétences seraient probablement réaffectés vers d’autres formations, souvent sans accompagnement préalable, au risque d’accroître les orientations inadaptées et les dépenses inefficaces. Le présent amendement propose donc une approche plus équilibrée. Il maintient l’éligibilité du bilan de compétences au CPF, tout en prévoyant la possibilité de plafonner, par décret, les actions dont le financement doit être régulé pour assurer une utilisation responsable des fonds publics. Ce plafonnement se limite aux actions mentionnées aux 2° et 3° du II de l’article L. 6323‑6 du code du travail : à savoir le permis de conduire et le bilan de compétences, afin de préserver les dispositifs intrinsèquement certifiants ou directement liés à l’employabilité, notamment la validation des acquis de l’expérience. En conciliant maîtrise budgétaire et cohérence avec les finalités du CPF, cette mesure permet de concentrer l’effort public sur les actions ayant un impact direct sur l’emploi, la qualification et la sécurisation des parcours professionnels, sans affaiblir les capacités d’orientation des actifs dans une période de transition accélérée.