Sénat
Déposé sur le texte « Proposition de loi visant à instaurer une trajectoire de réduction de l'artificialisation concertée avec les élus locaux »
Comprendre · Ce que ça change au texte
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Si la notion de la consommation d’espaces agricoles, naturels et forestiers (Enaf) permet d’apprécier l’effort de réduction d’un point de vue quantitatif, il est nécessaire d’aller vers une meilleure prise en compte de la fonctionnalité des sols et de leur préservation, dans une approche plus qualitative. C’est d’ailleurs le sens de la proposition de directive européenne sur la surveillance des sols actuellement en trilogue. L’amendement du groupe socialiste, écologiste et républicain (SER) propose d’expérimenter, dans un cadre légal, avec des communes ou des EPCI volontaires, la réalisation d’un diagnostic de la qualité et de la santé des sols dont les résultats et les orientations qui en découlent figureront au rapport de présentation du PLU ou du PLUi. Les collectivités qui le souhaitent pourront ainsi s'emparer d'un outil de diagnostic complémentaire pour fonder leurs choix urbanistiques, sur des paramètres pédologiques et privilégier l'artificialisation là où les sols sont de moins bonne qualité, où les performances agronomiques sont moindres ou déjà altérées. De même, s'abstenir de consommer les sols rendant le plus de services écosystémiques ou à haut potentiel agronomique mettrait fin à un angle mort, souvent dénoncé par les experts et les scientifiques, de notre stratégie de sobriété foncière. Cet amendement est une étape. Il s’inscrit dans le cadre des travaux que les sénatrices et les sénateurs du groupe SER mènent depuis plusieurs années sur la nécessité de préserver les sols vivants et donner un cadre juridique à leur reconnaissance. L’appel porté le 5 février 2025 par l’Institut de la transition foncière pour une politique nationale des sols témoigne de l’urgence de les définir et de les protéger, de financer massivement la sobriété foncière et d’accompagner les territoires avec une ingénierie adaptée. Cette expérimentation de terrain permettra, en complément des démarches innovantes portées par l’INRAE, le CEREMA, l’ADEME, ou encore l’OFB, d’identifier les compétences et accompagnements nécessaires. Elle contribuera à mieux comprendre et s’approprier les enjeux autour des fonctionnalités des sols, de les porter au débat et de reconsidérer l’aménagement et le développement local.