Sénat
Déposé sur le texte « Proposition de loi relative à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur »
Comprendre · Ce que ça change au texte
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Les sections disciplinaires des établissements d’enseignement supérieur connaissent d’importantes difficultés de fonctionnement, notamment sur les affaires présentant une ampleur ou une sensibilité particulière – comme c’est le cas des faits de violence, d’antisémitisme ou de racisme. L’inflation du nombre des procédures place les établissements sous tension et, faute de volontaires, entraîne des difficultés de recrutement dans les sections. En l’absence de technicité juridique de leurs membres, les procédures peuvent être fragilisées et se trouver exposées à un risque d’annulation par le juge administratif. Enfin, en raison des réticences des établissements déjà engorgés à accepter des dossiers extérieurs, la procédure de dépaysement prévue pour les dossiers les plus sensibles ne rencontre pas le succès escompté. Cet amendement vise à répondre à ces difficultés en créant une section disciplinaire commune aux établissements d’une région académique, qui viendra s’ajouter aux sections internes des établissements sans les remplacer. Afin de sécuriser et de professionnaliser leur fonctionnement, ces sections communes seront présidées par un magistrat administratif. La mutualisation des sections à l’échelle de la région académique permettra par ailleurs de soulager les sections existantes en répartissant la charge disciplinaire entre les établissements. L’existence de cette nouvelle voie disciplinaire garantira enfin un examen serein des dossiers les plus sensibles en dehors de l’établissement concerné. Le choix de l’une ou l’autre voie disciplinaire reviendra aux autorités compétentes pour la saisine des sections. Les présidents d’établissement auront ainsi la possibilité de saisir la section de leur établissement ou la section commune, en fonction de la nature et de la sensibilité de l’affaire en cause. Les conditions de fonctionnement de ces sections communes seront précisées par décret, comme c’est le cas pour les sections existantes des établissements. Ce décret reprendra l’ensemble des garanties générales et des voies et moyens de recours qui s’appliquent aujourd’hui.