Sénat
Déposé sur le texte « Projet de loi de finances pour 2025 »
Comprendre · Ce que ça change au texte
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Le présent amendement vise à ajuster le mécanisme de compensation de la suppression de la taxe d'habitation prévu par les IV et V de l'article 16 de la loi de finances pour 2020 dans le cas de fusions d'EPCI à fiscalité professionnelle unique (FPU) avec au moins un ancien EPCI à fiscalité additionnelle (FA). Lorsque cette fusion est intervenue après 2017, le nouvel EPCI se retrouver à verser aux communes issues de l'ancien EPCI à FA des attributions de compensation au titre du « rebasage » du taux de TH postérieur à 2017, alors que la compensation à l’EPCI de la perte de ressources induite par la suppression de la TH se fonde sur les taux de taxe d’habitation de 2017, antérieurs au « rebasage ». Lors de l’examen du PLFR (2) en novembre 2021, le rapporteur général de la commission des finances, Monsieur Jean-François Husson, avait publiquement reconnu que « l’absence de prise en compte du mécanisme de « rebasage » de la fiscalité des ménages dans les EPCI à fiscalité additionnelle [avait] conduit en effet à minorer artificiellement le taux 2017 de taxe d’habitation d’un EPCI issu d’une fusion entre un EPCI à FA et un EPCI à FPU après 2018 », et avait rendu un avis de sagesse sur le présent amendement. Grâce à cet avis de sagesse et malgré l’avis défavorable du gouvernement, cet amendement avait été adopté en 1ère lecture au Sénat avant d’être supprimé à l’Assemblée Nationale. Depuis ce vote, ce sujet a fait l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité. Le Conseil d’État a estimé que l’absence de prise en compte du mécanisme de « rebasage » portait atteinte au principe d'égalité devant la loi et soulevait une question présentant un caractère sérieux (décision n° 464934). Le Conseil constitutionnel, quant à lui, a jugé (décision n° 2022-1013 QPC du 14 octobre 2022) que les dispositions contestées ne constituaient pas « une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques », tout en reconnaissant la « perte de ressource équivalente à la surcompensation dont bénéficient certaines de ses communes membres ». Cet amendement conserve donc toute son actualité et propose que l’État compense, comme il s’y était engagé à l’euro près, la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales pour les collectivités en prenant en compte le mécanisme du "rebasage" institué lors de la réforme de la taxe professionnelle par la loi de finances pour 2010.