Sénat
Déposé sur le texte « Proposition de loi instituant des mesures judiciaires de sûreté applicables aux condamnés terroristes et renforçant la lutte antiterroriste »
Comprendre · Ce que ça change au texte
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Compte tenu de la nécessité de corriger les effets de la censure par le Conseil constitutionnel du délit de recel d’apologie du terrorisme - création jurisprudentielle – qui permettait d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre d’individus détenant des centaines de vidéos et images relayant des crimes commis par des groupements islamistes, le présent amendement vise à sécuriser la rédaction proposée par la proposition de loi afin de sanctionner les individus détenant des contenus apologétiques. En réponse à la censure du Conseil constitutionnel, le présent amendement propose de restreindre le champ d’application de ce délit par deux moyens : - d’une part, en introduisant un critère de gravité particulièrement restreint, sur le modèle des dispositions incriminant la détention d’image pédopornographiques. Ainsi, plutôt que de sanctionner la détention de contenus apologétiques de manière générale comme c’était le cas du délit de recel d’apologie, il est proposé de ne sanctionner que la seule détention des contenus les plus graves, exhibant des crimes terroristes ; - d’autre part, en introduisant, à la différence du délit de recel d’apologie, un élément intentionnel dans la caractérisation de ce nouveau délit. L’infraction permettant de sanctionner les individus détenant de telles images apologétiques ne serait constituée qu’à condition que l’adhésion de l’auteur à un ou plusieurs crimes terroristes ainsi exhibés soit manifeste. Un tel délit constituerait une nouvelle possibilité d’entrave judiciaire à l’encontre de personnes fortement susceptibles de passer à l’acte et présentant donc, par la nature de leurs actes et la gravité des contenus qu’ils détiennent, une menace de trouble particulièrement grave à la sécurité des biens, des personnes et de l’ordre public. Poursuivant le même objectif de garantir la constitutionnalité du dispositif, le présent amendement propose de réduire la peine d’amende encourue de 45 000 à 30 000 euros, montant inférieur à celui initialement retenu pour sanctionner le délit de recel d’apologie. De la même manière, plusieurs motifs légitimes de détention de tels contenus apologétiques sont définis par le présent amendement.